La Clef des Terroirs près de chez vous à Montpellier !

Comme on vous le disait dans l’article sur Les Vignes Oubliées, le film documentaire La Clef des Terroirs arrive dans la région du Languedoc Roussillon.

Après un périple qui a commencé le 11 mars à Mâcon devant près de 280 personnes, Guillaume Bodin parcourt la France entière pour faire découvrir ce petit bijou qui nous parle de la philosophie des vins et des vignerons qui ont choisi comme méthode de culture, la biodynamie.

Âgé seulement de 24 ans et armé de courage, Guillaume Bodin a filmé pendant plus d’un an, la vie de ces vignerons qui au fil des 1h30 de projection, nous expliquent ce qui les animent et l’amour qu’ils portent à leurs vignes, à leur terroir et à leur métier de vigneron.

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Midi-Vin a réalisé une interview du réalisateur Guillaume Bodin.

Bonjour Guillaume, peux-tu te présenter en quelques mots aux lecteurs du blog de Midi-Vin.

Bonjour, je suis savoyard mais bourguignon d’adoption, j’ai découvert le monde du vin à l’âge de 11 ans lors de mes vacances d’été chez le meilleur ami de mon père, Patrick Hudelot, vigneron à Villars-Fontaine en Hautes-Côtes de Nuits (Bourgogne), depuis je n’ai plus quitté ce milieu. Durant mes études l’agriculture biologique m’intéressait déjà et j’ai fini par faire un BTS en alternance sur un domaine en biodynamie pour avoir une idée du concept. Revenir en arrière me serait impossible tellement cette agriculture apporte une nouvelle dimension à la précision et à la complexité des vins ainsi que dans l’expression du terroir.

Quest-ce qui t’as amené à monter un projet comme La Clef des Terroirs ?

Lors de mes études j’étais un peu à part sur les idées d’agriculture, les profs n’étaient pas converti, certains étaient même complètement hermétiques à cette philosophie. Après de nombreuses rencontres avec des personnages passionnants qui pratiquaient l’agriculture biodynamique en France et à l’étranger, je me suis dis que ça pourrait être intéressant de faire partager mon expérience à un plus large public. La passion de la vidéo aidant, j’ai monté ce projet. Au départ je ne pensais pas qu’il serait diffusé au cinéma mais après avoir engrangé de nombreuses heures d’images pertinentes et de qualité photographique au delà de mes espérances, j’ai décidé de distribuer le film au cinéma.

On imagine mal l’investissement pour un tel projet, combien de mois ou d’année ont été nécessaires à la réalisation de ce film ?

J’ai mis deux ans à réaliser ce projet car j’ai finalement presque tout auto-financé en créant une petite entreprise de création de site internet en plus de mon travail quotidien dans le vignoble et en cave chez les Bret Brothers. Le Ministère de la Jeunesse et des Sport a participé à la réussite du projet avec l’obtention d’une bourse Défi Jeune de 3000 €.
En terme financier le projet coûte aux alentours de 30000 € sans compter mes 3000 heures de travail passées sur le projet et sur la réalisation du film. Donc on se retrouve facilement à 60 – 80000 € ce qui est raisonnable pour ce type de documentaire.

N’est-ce pas un petit peu précipité de parler de biodynamie à l’heure où l’agriculture biologique commence seulement à rentrer dans les moeurs ?

Pour moi l’agriculture biologique c’est de l’agriculture raisonnée propre, la biodynamie apporte une dimension philosophique qui ramène le rôle du paysan au coeur même de la nature. Le bon sens revient dans les campagnes, la réflexion est beaucoup plus globale et laisse présager un retour beaucoup plus rapide des grands vins de terroirs.

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Guillaume Bodin – réalisateur de la Clef des Terroirs

Le challenge le plus dur que tu aies rencontré pour réaliser ce film?

L’ensemble du projet reste un énorme challenge, à chaque étape il fallait être très motivé pour continuer mais la passion m’a simplement guidé vers les bons choix et je suis très content du résultat et des retours sur le film que j’ai aujourd’hui.

Comment choisi-t-on de travailler avec tel ou tel vigneron ? Il y en a plusieurs qui font de la biodynamie en France.

Le choix des vignerons s’est d’abord fait par dégustation, je voulais avant tout que les vins correspondent à ce je veux faire passer comme message de l’agriculture biodynamique. Ensuite, je suis allé rencontrer tous les vignerons dont les vins m’avaient plu et j’ai sélectionné pour le film ceux qui ont des talents d’acteurs ou de narrateurs innés ce qui n’est pas évident pour tout le monde : tous ne peuvent pas être de grands vignerons et en même temps, savoir s’exprimer simplement et clairement devant une caméra.

Se sont-ils montré méfiants, enthousiastes ? On se souvient du film Mondovino qui n’épargnait pas certaines personnes …

Alors c’est sûr que tout le monde n’a pas accepté d’être filmé, c’est une des raisons pour lesquelles il n’y a finalement pas de femmes dans le film. Mais lorsque j’ai réussi à convaincre les vignerons d’être interviewer : tout s’est bien passé… Je me suis orienté vers des personnes très ouvertes et très humaines qui correspondent à mon idée du monde biodynamique. Il n’y a aucune querelle entre vignerons dans ce film, ce n’était pas mon souhait, la vie est belle et je préférerais que le monde entier soit beaucoup plus pacifique qu’il ne l’est aujourd’hui.

Tu as travaillé quelques temps en Nouvelle-Zélande. Qu’en est-il de la biodynamie aux antipodes ?

Ils sont en règle général très en avance par rapport aux français, dans chaque domaine où je suis passé tout le monde m’en a parlé d’une manière ou d’une autre. Ils ont des terroirs très intéressant et ils savent que la biodynamie va leur apporter une révélation un peu plus importante que la bio. Malgré tout la biodynamie reste assez peu développée mais je dirais comme en France les choses sont en train de changer.

Combien de date sont prévues dans le Languedoc-Roussillon ?

Nous avons commencé déjà notre tournée en Languedoc, voici les prochaines dates, il n’est pas exclu qu’il y ait des dates supplémentaires cet automne. En attendant vous pouvez suivre les programmations en allant sur le site internet du film.

J’imagine que ta passion pour le vin est immense, quelle région viticole te fait vibrer ?

La Bourgogne pour son cépage: le pinot noir tout en finesse et en élégance mais j’aime toutes les autres régions et pays. Tout dépend de l’instant de la dégustation, du plat qui va accompagner le vin. Il n’y a pas de vin universel qui s’adapte à tous les plats.

Après ton tour de France avec ce film, toutes ces rencontres, comment vois-tu ton futur ?

Il y a plein de projet : continuer à distribuer le film au cinéma puis le sortir en DVD avant la fin de l’année. J’ai pas mal d’idées pour la suite mais je n’arrive pas à me décider.

Merci encore Guillaume de nous avoir accordé du temps pour répondre à nos questions. On se retrouve très prochainement au cinéma Utopia de Montpellier pour la projection de ton film documentaire La Clef des Terroirs.

Montpellier (34) dimanche 8 mai à 10h00 au cinéma Utopia (à proximité de la faculté des Lettres)
Montpellier (34) lundi 9 mai à 14h00 au cinéma Utopia (à proximité de la faculté des Lettres)

A noter qu’un DVD sera disponible à la vente sur le site internet du film.

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Cette entrée a été publiée dans Rencontre avec le par Romain.

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