Floraison et Nouaison : des moments clés à la vigne !

Floraison et Nouaison : 2 étapes essentielles pour avoir de beaux raisins

Floraison et Nouaison à la vigne

Vignes des Coteaux du Languedoc Juin 2009

Dans ces articles, complétant le thème « naissance du vin », je vais focaliser votre attention sur ces 2 étapes primordiales (floraison et nouaison) qui déterminent la qualité et le potentiel du millésime. Je partirai du principe que les grands vins sont faits avec de beaux raisins et suivrait les conseils des grands : à son client désireux de produire le meilleur vin du monde, le célèbre œnologue Emile Peynaud répondit : « Donnez-moi le meilleur raisin au monde et… j’essaierai ! ».

« Ce sont les détails qui font la perfection, mais la perfection n’est jamais un détail ». Cette expression, devenue courante, symbolise à elle seule toute la difficulté du travail du vigneron. Ce sont ses gestes, justes et précis, qui lui permettront d’obtenir le « fruit » de ses efforts. Vous me direz donc que tous les vignerons appliqués et consciencieux ont toujours de beaux raisins. Ce n’est pas aussi simple malheureusement (ou heureusement) car il existe, comme dans toute bonne équation, une inconnue. Et quelle inconnue : la nature !

Car oui, c’est bien elle qui façonne le millésime en interagissant directement avec la vigne. N’oublions pas que l’essence d’une plante est sa survie. Il est donc compréhensible que la vigne réagisse à son environnement dans le but d’assurer sa pérennité. Cela ne donne t’il pas tout son charme à l’agriculture ? Cette touche aléatoire que l’on ne pourra jamais totalement maîtriser, du moins je l’espère. J’ai décidé de commencer ces articles en suivant l’actualité à la vigne. Ces derniers temps, la floraison et la nouaison ont dessiné les courbes du futur millésime. Explications …

La Floraison : une histoire d’autofécondation

Les vignes destinées à la production de raisin sont hermaphrodites. En effet, la vigne dispose des deux gamètes (mâle et femelle) nécessaires à sa procréation.

Inflorescence à floraison

Inflorescence à floraison

Les inflorescences apparaissent quelques semaines après « l’éclosion » des bourgeons de la vigne (le débourrement). Petit à petit, ces inflorescences vont se différencier jusqu’à la période de floraison qui a lieu fin mai début juin. Une fois la fleur libérée de sa protection (capuchon floral ou corolle), les étamines (organe mâle) libèrent du pollen (gamète mâle) qui vient se déposer au niveau du pistil (organe femelle) et fécondera alors les ovaires (gamète femelle) contenues dans celui-ci. Les ovules fécondés donneront des pépins de raisins qui se formeront en même temps que le futur grain de raisin. Cette période où les fleurs fécondées deviennent de petits grains de raisin est appelée : la nouaison.

La Nouaison ou quand les inflorescences portent enfin les futurs raisins

Comme je le disais précédemment, la fécondation d’un ovule (gamète femelle) par un grain de pollen (gamète mâle) donne naissance à un pépin. Chaque fleur contient quatre ovules fécondables donc chaque baie devrait contenir quatre pépins me diriez-vous. Or, il n’en est rien ! Vous essaierez l’expérience en septembre lorsque les raisins seront mûrs, le nombre de pépins présents dans une baie de raisin peut varier de 0 à 4. Pourquoi ? Parce qu’il existe des troubles de la fécondation. Je ne rentrerai pas dans les détails car il existe de nombreux troubles reconnus. Je vous rappellerai juste que vous avez certainement déjà acheté des raisins sans pépins, dits apyrènes (Sultanine, Perlette, ou raisins de Corinthe) et que l’absence d’un ou plusieurs pépins ne signifie pas que le grain de raisin concerné est de mauvaise qualité.

Grappe quelques jours après la nouaison

Grappe de raisin à nouaison

Nous voilà donc en présence des premières ébauches des futurs grains de raisin qui vont lentement se concentrer et grossir jusqu’au moment où ils changeront de couleur afin d’entamer leur sprint final aboutissant à la maturité parfaite.

Les premières informations sur le millésime 2009

Difficile d’estimer le potentiel d’un millésime dans le Languedoc-Roussillon, région si vaste et variée. Je vais, malgré tout, essayer de vous synthétiser les diverses informations que j’ai glané à droite et à gauche.

2009 : de belles sorties d’inflorescences

Il semblerait que le nombre de grappe cette année soit plus important que l’année 2008. Les rendements devraient donc être supérieurs à 2008, millésime ayant connu des valeurs de rendement excessivement basses. Les sorties de fleurs sont une chose, mais il reste encore un long chemin jusqu’aux vendanges. Là encore, ce ne sont que des prévisions qui ne peuvent pas prétendre être vraies dans tous les départements du Languedoc-Roussillon. Voilà pourquoi je vous apporte ces informations au conditionnel.

Mildiou et Oïdium : où en sommes-nous ?

Contrairement à l’été 2008, la situation pour le Mildiou est loin d’être catastrophique en 2009. En effet, après les dures attaques de l’année dernière, les vignerons ont été vigilants. Malgré l’apparition de foyers primaires (tâches jaunâtres et huileuses sur la face supérieure des feuilles) favorisée par les pluies des mois d’Avril et Mai, le développement a été freiné par les mesures préventives des vignerons, bien aidés par la météo clémente de ce mois de Juillet où les périodes de sécheresse (Mistral, Cers et Tramontane associés à un soleil de plomb) ont limité considérablement les dégâts du champignon dans certains endroits.

Tâches de Mildiou

Tâches de Mildiou

En ce qui concerne l’Oïdium, la pression est encore forte cette année mais l’apparition de nouveaux foyers reste maîtrisée dans la plupart des cas. La protection du vignoble est à intensifier entre les stades 10 – 12 feuilles et la fermeture de la grappe (au 28 juillet 2009, on est en plein dedans). Là aussi, la vigilance est de rigueur.

Ainsi, les périodes de la floraison et de la nouaison constituent des moments clés pour le vigneron. Non seulement elles conditionnent la quantité et la qualité des futurs raisins, mais elles correspondent aussi à une période de grande réceptivité de la vigne vis-à-vis des maladies principales que sont le Mildiou et l’Oïdium. Et oui ! Tous les vignerons de la région gardent un œil sur leurs vignes en cette période décisive.