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Le domaine de Sigalière : toujours en Pic Saint Loup ?

Sur la commune de Carnas dans le Gard, un vigneron se bat tous les jours pour conserver ses 16 hectares de vignes. Après 32 ans passés en cave coopérative, André  Moulière, vigneron blogueur, s’apprête à fêter son dixième millésime au domaine de Sigalière.

Face à une conjoncture des plus difficiles, face au nouveau cahier des charges de l’INAO définissant l’aire de production des vins du Pic Saint Loup, André se bat et veut toujours y croire. Dans son article publié en début d’année : « Pic Saint Loup : Des vignerons solidaires ??? », André pousse un coup de gueule et dénonce, sans demi-mesure, les tourments des assemblées générales qui menacent son domaine et le travail d’une vie.

Quoiqu’il en soit, le millésime 2012 est en route, la vie continue et le fruit d’une année de travail à la vigne va se jouer en quelques jours de fermentations. Il faut rester vigilant, à chaque instant, un métier passionnant mais harassant.

Sigalière a 5000 ans !

André Moulière pensait être « le défricheur d’une partie de la garrigue et du vignoble qui composent le Domaine de Sigaliere ». Pourtant dans la garrigue environnant son domaine, il découvre un tas de pierres mystérieux. Ni une ni deux, André fait appel aux personnes compétentes pour tenter de percer l’histoire ce « tas » de cailloux. Quelle ne fût pas sa surprise quand il reçut le rapport rédigé en 1934 par deux archéologues. Il s’agit en fait d’une aire à incinération de l’époque néolithique.

Voici le rapport : « Un peu au sud-ouest de la côte 228, au quartier de la Clause, sis dans la commune de CARNAS (Gard) et non loin de la limite des départements du Gard et de l’Hérault, sur un mamelon formé par un affleurement des strates calcaires, recouverte comme à l’ordinaire d’un cailloutis et sur lequel a été a été élevée une de ces tours d’observation en pierre sèche pour bergers, si nombreuses dans la région, se trouve une aire à incinération préhistorique.
Les monuments de cette nature semble être fort rares, même dans la région de la garrigue méditerranéenne où cependan,t l’incinération a été la règle depuis le Néolithique le plus reculé et où les sépultures néolithiques par incinération abondent; c’est, à notre connaissance, le seul qui ait été signalé dans la région « 

L’histoire n’a pas d’âge, le domaine de Sigalière en a un. Voilà une raison supplémentaire pour André de continuer à faire vivre son domaine et sa garrigue environnante.

L’histoire du verre

Le domaine écrit sa propre histoire chaque année en produisant des cuvées qui portent toutes le nom d’une plante, d’un fossile ou d’une ère géologique. André Moulière était présent au Salon Vinisud 2012 ce qui nous a permis de déguster ses cuvées et papoter une bonne heure durant sur le salon, son domaine, l’avenir. En attendant, l’avenir se lit dans le verre, parce qu’à Sigalière, les cuvées sont faites pour rester. Preuve en est, André avait apporté une étonnante cuvée « Les Ammonites 2003 » ; arrivé à maturité, le croquant de son Grenache nous fait encore saliver ! Pour les vins blancs du domaine, même combat. Combien sont-ils à produire (dans les alentours), des vins blancs capables de tenir dans le temps ? Pas beaucoup.

Voici le compte rendu de nos impressions.

L’Hélianthème 2007
Sauvignon – Roussanne
Vin de Pays des Cévennes – Vin Blanc

Domaine Sigaliere Heliantheme MED rencontre avec degustation   Le domaine de Sigalière : toujours en Pic Saint Loup ?

La couleur se présente sous un jaune or légèrement évolué. Le premier nez est sur des notes balsamiques (sève), vient ensuite un côté toasté grillé pas désagréable. L’aération libère ce côté beurré apporté par l’élevage en barrique.

En bouche l’attaque est sur le gras immédiatement suivie par l’acidité très bien intégrée aux saveurs toastées. Ce vin est atypique, on se croirait en bourgogne ; une belle bouteille à faire déguster à l’aveugle, son côté beurré, toasté et cette acidité sont très bien intégrés et équilibrés les uns par rapport aux autres.

A faire déguster aux alentours de 15°Celsius pour ne pas bloquer les arômes de ce vin par un service trop froid.

Portlandien 2009
Grenache Blanc – Roussanne
AOP Languedoc

Sigaliere Portlandien MED rencontre avec degustation   Le domaine de Sigalière : toujours en Pic Saint Loup ?

Avec seulement 1500 bouteilles produites par hectare, cette cuvée se fait rare. Les vignes sont noyées dans un champ de calcaire et le vin produit respecte à la lettre son terroir : minéral. Si vous vous demandez ce qu’entendent des professionnels par le terme minéral, plongez le nez dans cette cuvée. Humez là, ressentez le caillou calcaire.

Dès le premier nez, pas de doute, nous sommes sur une minéralité affirmée, perceptible sans forcer. L’aération du vin nous porte sur des notes de pommes confites. Une impression d’équilibre et de finesse se dégage du verre.

 L’entrée en bouche est épicée, de l’anis tout d’abord puis des notes grillées en milieu de bouche. Le vin parcourt le palais très facilement, rien d’exubérant. L’élevage en barrique lui donne de l’allonge et distille des notes florales, légères comme l’est cette cuvée Portlandien 2009.

Les Ammonites 2007
AOC Pic Saint Loup – Vin Rouge
Syrah – Grenache – Carignan

domaine la sigaliere les ammonites 2003 rouge MED rencontre avec degustation   Le domaine de Sigalière : toujours en Pic Saint Loup ?

Premier vin de la gamme des Pic Saint Loup du domaine.

La couleur au fond du verre est noire. Impossible de voir à travers le vin. Le premier nez est très typé syrah. Il est complexe, mêlant la garrigue aux fruits noirs (mûre et cassis). L’entrée en bouche est d’une légèreté qui interpelle par rapport à la couleur du vin. La structure est très bien définie, c’est très volumineux en bouche. L’extraction a été parfaitement maîtrisée, ce n’est pas un vin bodybuildé, il livre des arômes de réglisse très typiques des terroirs du Pic et toujours ces fruits noirs qu’on avait à l’olfaction. La persistance en bouche laisse apparaître l’élevage en barriques, c’est très bon !

Les Ammonites 2009
AOC Pic Saint Loup – Vin Rouge
Syrah – Grenache – Carignan

La couleur est toujours aussi noire sur ce millésime, signe d’une richesse et d’une matière sans aucun doute prononcées.

Sur le 2009, le nez est encore un peu jeune, on sent tout le potentiel de cette cuvée mais ce nez nous semble timide, la majorité de Syrah ne distille que quelques notes épicées.

L’entrée en bouche est ample, le vin remplit la bouche en un instant. La matière est crayeuse, la syrah est puissante, l’assemblage est équilibré. Ce vin nous plonge en un dixième de seconde dans la garrigue du Pic Saint Loup. La finale s’étire sur la lie, signe que le vin n’est pas filtré.  André cherche à garder la personnalité de ses terroirs. La densité qu’offre Les Ammonites 2009 permettra à cette cuvée de vieillir tranquillement pendant au moins 10 ans.

Orchis 2009
AOP Pic Saint Loup – Vin Rouge

Carignan – Syrah

Domaine sigaliere orchis 2007 rouge MED rencontre avec degustation   Le domaine de Sigalière : toujours en Pic Saint Loup ?

La cuvée haut de gamme du domaine : entre 2000 et 3000 bouteilles produites selon le millésime.

La couleur est marquée par la syrah qui séjourne en barrique pour son élevage et prend une couleur violine très prononcée. Le premier nez est marqué par la barrique sans pour autant être désagréable. L’aération dévoile des notes de cuir et de réglisse suivie d’une cerise à l’eau de vie.

L’entrée en bouche est très veloutée. Le milieu de bouche est marqué par l’élevage et une grande concentration en matière tannique très intégrée. Des notes mentholées apportent de la fraîcheur. La finale est  plus marquée par un côté garrigue et  le marc de Cognac. La longueur laisse entrevoir une belle évolution dans le temps.

En espérant que tous ces tourments administratifs n’affecteront pas le domaine de Sigalière et nous permettront encore de déguster longtemps les vins d’André.

Le Clos Maïa en dégustation

La semaine dernière nous vous présentions le Mas Haut Buis d’Olivier Jeantet sur la commune de La Vacquerie. Nous vous parlions aussi du Clos Maïa de Géraldine Laval, compagne d’Olivier.

Promise à un bel avenir, Géraldine sait ce qu’elle veut. Forte de ses différentes expériences professionnelles, elle sait ce qu’elle ne veut pas faire, comme à Bordeaux. Elle a beaucoup appris auprès des plus grands : Jean Louis Chave en Hermitage et Olivier Jullien du Mas Jullien à Jonquières dans le Languedoc. C’est lors d’un passage chez Julien Zernott du Pas de l’Escalette que Géraldine a un coup de foudre pour cette région,  les Terrasses du Larzac. C’est là qu’elle choisira de s’installer et pas ailleurs.

Il est temps aujourd’hui de vous faire part de nos commentaires de dégustation du Clos Maïa.

Le Rosé de Zézé 2011
Grenache- Syrah
IGP Pays Hérault

Le Rosé de Zézé 300x225 degustation   Le Clos Maïa en dégustation

Le Rosé de Zézé

Géraldine nous indique avant de déguster que son rosé est né d’une fermentation lente et longue qui a pour but de prolonger le temps où les lies seront en suspension dans le vin. Ainsi, l’on obtient un rosé plus ample en bouche, avec beaucoup plus de gras.

Ce vin avec son étiquette qui interpelle et son nom est un véritable rosé de plaisir à partager avec vos amis.

Le nez s’ouvre sur les épices avec l’anis qui domine. A l’aération, l’agrume et les fruits rouges font leur apparition. Un côté zeste de pamplemousse et un autre fraise/framboise s’échappent du verre. Un nez diversifié, très friand et prometteur.

L’entrée en bouche est délicate. L’acidité nous rappelle la fraîcheur des terroirs du Larzac et se montre très intégrée à l’ensemble. Le milieu de bouche voit le fruit rouge dominer et la rondeur dont nous parlait Géraldine fait son apparition ce qui exalte un peu plus les saveurs fruitées et épicées sur la finale de ce vin rosé.

Le Petit Clos 2010

100% Grenache
 AOP Languedoc Terrasses du Larzac

Clos Maia Le Petit Clos MED degustation   Le Clos Maïa en dégustation

Le Petit Clos du Clos Maïa

Le premier nez est très ouvert, sur l’agrume, un savant mélange entre du citron et de fines notes de figues. L’aération appelle à la dégustation, ce vin est friand, gourmand, gorgé de fruits.

L’entrée en bouche est parfaite. De l’équilibre et du fruit. Cette cuvée est superbe, digeste, et portée par la puissance d’un cocktail de fruits rouges que l’on aurait mixés ensemble. La finale laisse l’épice apparaître, un peu de poivre et de garrigue et nous avons un vrai coup de cœur. C’est un vin que l’on pourrait servir à tous ses amis même aux néophytes du vin rouge qui y trouveraient leur compte. Un Grenache accessible à découvrir d’urgence !

Clos Maïa 2010
100% Grenache
AOP Languedoc Terrasses du Larzac

Clos Maia Le Clos MED degustation   Le Clos Maïa en dégustation

Le Clos du Clos Maïa

Ce sont les Grenache les plus anciens qui composent cette cuvée distinguée dans les meilleurs Grenache de France par la Revue des Vins de France.

Le premier nez est profond, complexe. Les fruits noirs dominent, la mûre particulièrement. L’aération diversifie les arômes, on retrouve un léger côté réglissé mêlé aux fruits noirs.

L’entrée en bouche est ronde. Le tanin est très bien travaillé, la structure de ce vin lui permettra de vieillir mais aussi d’être dégusté dans sa jeunesse. La bouche dans son ensemble est plus dense que Le Petit Clos. On colle au terroir avec ce Grenache. Là encore, et comme dans les vins du Mas Haut-Buis, aucune fausse note dans la finesse et l’équilibre général.

On regrette seulement le fait qu’il y ait peu de bouteilles disponibles. Les vins du clos Maïa sont confidentiels étant donné la taille du domaine (4 hectares).

Géraldine Laval nous dirige ensuite vers ses demi-muits pour déguster les vins blancs. L’assemblage n’est pas encore fait entre sa roussanne et son Terret Bourret.

La Roussanne 2011 a fait sa fermentation malolactique, son nez est très floral et très doux. Du miel, de l’acacia et une pointe de genêt. La bouche est acidulée, le miel domine, il fond sur le palais, on aime beaucoup ce côté floral qui ressort aussi en bouche, une Roussanne rafraîchissante aux accents septentrionaux.

Le Terret Bourret 2011 fini tout doucement sa fermentation alcoolique. Le nez est marqué par la pomme, caractéristique de ce cépage. En bouche, la poire et le fruit de la passion dominent. L’acidité est légèrement plus marquée que sur la Roussanne. Il faudra patienter encore un petit peu pour goûter l’assemblage définitif du vin blanc du domaine.

Blanc 2010
60% Roussanne – 40% Terret Bourret
IGP Pays Hérault

Le premier nez est un mélange très subtil entre le fruit et la fleur ; La pêche pour le fruit, l’aubépine pour la fleur. L’aération dévoile des notes minérales, très agréables.
Quelques notes d’élevage s’échappent.
L’entrée en bouche marquée par la fraîcheur d’une belle acidité est opulente. L’élevage, millimétré, délivre des notes vanillées. Le milieu de bouche, mentholé, évolue sur le fruit blanc en finale et une pointe d’amande amère qui laisse une sensation beurrée en bouche.

Nous attendons l’assemblage du blanc 2011 pour vous le proposer. Attention, on vous l’a signalé, il y a très peu de bouteilles disponibles, le Clos Maïa sait se faire désirer. Donc n’hésitez pas à nous faire savoir par mail que vous souhaitez faire la connaissance des vins du Clos Maïa …