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Le Soula nous a mis KO !

Deuxième jour du salon Vinisud, nous prenons rendez-vous avec Gérard Standley l’œnologue du domaine de Soula, très demandé pendant 3 jours. Rendez-vous pris, nous sommes rassurés, nous allons pouvoir déguster tranquillement ses vins et sans doute sur deux millésimes.

Le domaine est créé en 2001 sous la houlette de Gérard Gauby du célèbre domaine Gauby. Lorsqu’il découvre le terroir abandonné des Fenouillèdes, il est persuadé de l’énorme potentiel que renferme ce terroir d’altitude (500 mètres).
Le pas est franchi, il achète quelques vignes et une vieille bâtisse qui servira de cave à St Martin du Fenouillet.

Dès le premier millésime, Le Soula est mis en avant et c’est une réussite qui perdure.

En 2008, par manque de place et d’eau au village, la cave est délocalisée et reconstruite dans la cave coopérative de Prugnanes qu’il rachète. C’est à ce moment-là que Gérard Standley arrive dans l’équipe ce qui permet à Gérard Gauby et à sa famille très impliquée dans le projet, de souffler.

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Gérard Standley, l'oenologue du domaine

A la Vigne

Le vignoble de 22 hectares s’épanouit sur les communes de Saint Martin de Fenouillet, Feilluns, Saint Arnac, Le Vivier et Lesquerde.

Différents types de sols composent l’encépagement, du schiste noir au granite décomposé.

Les cépages blancs représentent 10 hectares. En plus des cépages traditionnels (Macabeu, Grenache Blanc, Grenache Gris et Malvoisie du Roussillon), nous trouvons des cépages importés tels que le Sauvignon, la Roussanne, la Marsanne et le Vermentino.

Côté rouge, de la Syrah plantée sur les parcelles les plus fraiches, du Grenache et du Carignan de 70 ans d’âge produisent les 2 vins rouges du domaine, le tout sur 12 hectares.

Le domaine, en cours de certification agriculture biologique pour satisfaire à la demande de ses clients, est depuis toujours, conduit sans herbicides et pesticides. Les deux Gérard y appliquent même quelques principes de la biodynamie.

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A la cave

Comme je vous le disais plus haut, en 2008 le domaine change de cave. La cave coopérative de Prugnanes est rachetée et rénovée. En effet, elle ne servait plus depuis 1970 et était démesurée de par la taille de ses cuves pour un si petit domaine. Il a donc fallu tout détruire et reconstruire, réaménager l’intérieur comme l’extérieur.

Aujourd’hui la vendange arrive dans les cuves par gravité à l’aide de grands bacs déversés par un chariot élévateur pour éviter de triturer les raisins avant leur entrée en cuve et réaliser des macérations en grappes entières à des températures ne dépassant pas les 25°C.

Les fermentations démarrent naturellement, aucun remontage et/ou pigeage n’est effectué pendant la fermentation.
L’élevage des vins se fait en cuve ou en demi-muit.

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Le Soula en dégustation

Gerard Standley proposait 3 vins rouges à la dégustation suivis de 2 vins blancs. Les vins blancs, d’une matière extraordinaire, sont tout à fait capables de tenir les vins rouges, et de passer après en dégustation, dans la même trame que le Domaine des Aurelles

Le Trigone 2010
Vin de Pays des Côtes Catalanes
95% Syrah – 5% Carignan
Vin Rouge

Le premier nez est très fin, sur de légères notes de lies, une sensation de sucrosité. L’aération positionne cette syrah sur le poivre noir et du fruit rouge avec une fraise écrasée très gourmande.

L’entrée en bouche est très ronde, très gourmande. On a par la suite une légère sucrosité qui tapisse le palais et la structure légère et très équilibrée s’affirme. La finale exprime le pruneau avec une structure des plus fines et fraîche. Un superbe vin d’un rapport qualité/prix exceptionnel !

Le Soula 2008
Vin de pays des Côtes Catalanes
55% Carignan – 35% Syrah – 10% Grenache Noir
Vin Rouge

Le vin s’ouvre sur un nez très riche, marqué par les fruits rouges entremêlés de notes d’épices douces. Le tout semble très profond à l’aération, très net. Une légère pointe boisée peine à se faire respecter au milieu des fruits et des épices, c’est très bon !

L’entrée en bouche est franche, rectiligne. Tout s’assemble en un clin d’œil. Le milieu de bouche est gouleyant sur la fraise principalement.
La finale bénéficie d’une bonne acidité qui élève ce vin sur des côtés septentrionaux. De très beaux tanins viennent clore le tout.

Le Soula 2009
Vin de pays des Côtes Catalanes
Vin Rouge

Nous passons sur un autre millésime pour ce vin qui, au premier nez apparaît plus frais encore avec des notes un peu plus végétales, des senteurs de fleurs séchées, une syrah un peu fermée encore.
L’aération délie le tout et délivre une bonne dose de fruits rouges.

L’entrée en bouche est un peu plus acide que le 2008, le vin est subtilement marqué d’un goût de jus de raisin frais. Le tout est très nature, très gouleyant. La finale balance entre l’acidité et les tanins toujours dans la finesse. Encore un grand vin !

Le Soula 2008
Vin de pays des Côtes Catalanes
38% Sauvignon – 35% Macabeu – 19% Vermentino – 6% Grenache Blanc et Gris – 2% Roussanne/Marsanne/Malvoisie du Roussillon/Chardonnay
Vin Blanc

Le premier nez invite à le boire, ce n’est que de la finesse. Des notes de pêche blanche puis un floral très puissant à l’aération.

L’entrée en bouche est grasse, sur des notes de bois frais très fondus. Le milieu de bouche se positionne sur l’agrume, le vanillé, un soupçon de zeste de citron. La finale, acidulée, montre ô combien ce terroir en altitude est magique pour les vins du domaine. L’agrume domine dans un équilibre qui atteint des sommets !

Le Soula 2009
Vin de pays des Côtes Catalanes
Vin Blanc

Le vin s’ouvre sur un nez plus expressif que le 2008 mais peut-être un peu moins complexe pour l’instant. Le vin n’est pas encore à la vente et quelques mois en bouteilles devraient le transporter vers la complexité du 2008.

Nous sommes toujours sur des notes d’agrumes, plus sur le pamplemousse, floral aussi mais surtout fruité, sur l’abricot en particulier.

L’entrée en bouche équivaut le 2008, très grasse. Le bois apparaît plus que le 2008 mais sera tout autant fondu dans quelques mois.
Il y a moins d’acidité, plus d’ampleur et une finale qui m’apparaît encore plus longue et citronnée. Quelques tanins présents en final qui en font là aussi un très grand vin blanc !

Tous les vins dégustés ont été des coups de cœur pour nous. Au sortir de cette dégustation, nous étions vraiment surpris, on ne s’attendait peut-être pas à autant de complexité et de finesse. Il y a des domaines comme ça, qui ont ce petit truc en plus. Aussi bien en rouge qu’en blanc, les vins se surpassent et font honneur à leur terroir. Gérard Gauby s’en doutait en 2001, et il avait bien raison!

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Dégustation Les Vignes Oubliées

Samedi 12 mars, la Cave des Arceaux recevait Jean-Baptiste Granier avec la cuvée Les Vignes Oubliées. Ce petit bijou languedocien, a été créé en collaboration avec Olivier Jullien du generic viagra price

ullien du Mas Jullien » href= »http://blog.midi-vin.com/rencontre-avec/le-mas-jullien-une-reference-pour-lappellation-terrasses-du-larzac-002208″ target= »_blank »>Mas Jullien. Les deux hommes travaillent ensemble sur le domaine, et ont décidé de sauver quelques vignes de l’arrachage sur la commune de Saint-Privas, dans un premier temps pour essayer puis, au vu des résultats, pour nous faire partager ce vin.

Comment sont nées les Vignes Oubliées ?

On voyait ces vignes, là, sur Saint-Privas, qui allaient peut-être disparaître, avec de beaux raisins, pendant les vendanges 2007. On a pris 4 vendangeurs et 8 comportes et on est monté.
Aujourd’hui on a 5/6 hectares, et ça va augmenter. Mais au départ c’était vraiment pour faire des essais sur ces terroirs, voir ce qui allait en sortir, juste en vendangeant, en laissant aux autres le soin de s’occuper des vignes. Quand on a vu ce que ça sortait …(sourire)

C’était une poignée de coopérateurs qui s’occupaient des parcelles ?

Oui, voilà, on y est allé, on a sélectionné ce qu’on voulait, une Syrah, un Grenache, et à partir de là, on a goûté et on a mis ça dans la cave au Mas Jullien. Puis, quand on faisait déguster aux gens de passage dans la cave et qu’on voyait leurs expressions, on s’est dit, bon il va falloir en faire un vin, on ne peut pas laisser partir ces raisins …

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Jean-Baptiste Granier - Les Vignes Oubliées

Ces raisins étaient destinés à l’arrachage ?

Oui, puisque les viticulteurs qui cultivaient ces vignes perdaient de l’argent. A chaque fois que t’allumes le tracteur, tu perds de l’argent. C’était donc pas possible, ils allaient arrêter. Ils étaient pourtant motivés car ils continuaient tout de même à travailler leurs vignes au lieu de les arracher. On s’est donc dit qu’il fallait se lancer, monter une petite structure, un négoce vinificateur, on peut vinifier au Mas Jullien parce qu’on a la structure, un pressoir ça peut servir plusieurs fois, surtout que le nôtre était sous exploité. On a l’équipe de vendangeurs du Mas Jullien, on peut monter là-haut.
C’est parti de là. En 2008 on a fait un petit peu plus, on a fait 2 000 bouteilles, c’était toujours intéressant, alors 2009 on a franchi le cap, on a fait 13 000 bouteilles et 2010 est en cave et il y en a 17 000. Du moment qu’on trouve les bons raisins et les gars avec qui on peut bosser, on y va, on a la liberté, on n’est pas un domaine là. Mais attention on sélectionne.

Avez-vous un cahier des charges pour la vigne ?

Comme ça, disons que leur vigne, elles étaient bien déjà, sauf qu’ils n’étaient pas en bio. Donc aujourd’hui on dit, on passe en bio, ce qui permet en plus, d’avoir un contrôle externe, qui ne vient pas de nous. C’est plutôt intéressant. Ils n’y étaient pas, mais presque, ils ont toujours labouré leurs vignes, le seul souci c’était de désherber sous le rang, on est en train d’acheter un inter cep pour le faire.

Comment ça se passe au niveau des vinifications ?

Le raisin est éraflé et foulé, parfois trié à la vigne, avec nos vendangeurs qui sont rodés sur cette étape. En suite le but c’est de le faire fermenter même si c’est une chose qui n’a pas été évidente ces deux dernières années, 2009 et 2010. Les fins de fermentations ont été un peu plus difficiles. Une flore levurienne et bactérienne perturbée par des étés sans pluie. C’était un travail d’accompagnement, de surveillance : les fermentations sont faites avec des levures naturelles.
Mon temps, je le passe dans les vignes, ça représente 90% de mon travail, et si tu as de beaux raisins, tu sors quelque chose de bien, même quand il faut être un peu plus attentif au déroulement des fermentations.

Si la structure des Vignes Oubliées fonctionne bien, est-ce qu’il y aura un vin blanc à l’avenir ?

Peut-être un jour… on fait des essais, mais il n’y a pas trop de vignes de blanc plantées là-haut. On a essayé quelques souches de Roussanne, de Clairette, je les aie vinifiés, c’est plutôt intéressant. On n’a pas encore exactement les équilibres comme on veut. On est en train de travailler sur ça, mais avant que ça accouche de quelque chose que l’on aime bien, il faudra 5 à 6 années. Mais on le fera le travail, parce que j’en ai envie, mais je me précipite pas, je veux que ça sorte bien. C’est ça la ligne de conduite des vignes oubliées, si c’est bon, on le fait. Si ce n’est pas bon, on ne fait pas.

D’autant plus qu’il y a l’image du Mas Jullien derrière …

Oui, il faut faire attention, même si on a tout fait pour que ce soit dissocié. Le but était de vraiment de les séparer. Le seul lien, c’est Oliver (Jullien). Certes on est lié, mais pour autant, on voulait que ce soit vraiment indépendant ; pas que ce soit un vin du Mas Jullien. C’est une nouvelle aventure, un partage avec d’autres producteurs. C’est complémentaire du domaine, pas une petite chose.

Au niveau élevage, qu’est-ce qui est pratiqué ?

Sur le 2009 il y a une grosse partie de cuve béton avec 20 % de fût. Cette année en 2010, je fais des essais, un peu en Demi-Muid, des 600 litres de 8 ans, j’essaye des 350 litres et j’ai des fûts d’un vin aussi. Mais les Grenaches en cuve toujours.

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Olivier Jullien

Après toutes ces explications enrichissantes sur la naissance d’une cuvée et les motivations qui font qu’aujourd’hui ce vin existe, Jean-Baptiste Granier s’est prêté au jeu de l’interview de Midi-Vin.

Comment avez-vous appris à faire du vin ?

J’ai appris avec mon père et mon grand-père. Quand à 3 ans, mon père m’a mis sur une barrique, mon réflexe a été de tremper le doigt et de goûter : l’histoire a commencé.

Quel est votre viticulteur préféré ?

C’est compliqué, parce que la rencontre avec Olivier Jullien, je ne peux pas l’occulter. Tout s’est fait par cette rencontre, c’était pour moi un des plus grands et je crois que c’est lui.

Quel est votre plus grand défi en tant que viticulteur ?

C’est de faire une viticulture propre toute ma vie pour faire des vins propres.

Quel est le meilleur vin que vous ayez goûté ? Le plus intéressant ?

Dans la région, ce n’est pas un vin d’appellation malgré que je sois un défenseur des cépages et des vins d’appellation : un Mas Daumas Gassac 1985. Sinon un Peyre Rose 1992 et un Mas Jullien 1996 et 1994. Hors région, parce que j’étais jeune et que j’ai eu cette chance là et que je trouve ça remarquable, c’est la Romanée-Conti.

Quel est la plus veille bouteille dans votre cave ?

Des Mas Jullien 1988 et de Peyre-Rose 1992

Si vous deviez choisir un vin et un vin blanc pour le mois prochain, à tous les diners, lesquels choisiriez-vous ?

Les Carlines de Mas Haut-Buis pour le rouge, les vins de Paul Reder en Blanc du Domaine Haute Terre de Comberousse

Combien coûte un très grand vin ?

Une grande émotion, c’est ça qui en fera le prix. Sinon, au-delà de 50€ je trouve ça toujours difficile …

Quelle est votre région viticole préférée dans le monde autre que la vôtre ?

La Bourgogne, c’est l’exemple, le modèle dans ce qu’ils ont fait avec leur terroir, montrer ces différences. Il y a les meilleures émotions mais aussi les pires choses. Je retiens la précision de leur diversité, ce n’est pas du marketing, c’est le terroir.

Si vous ne faisiez pas de vin pour vivre, qu’est-ce que vous feriez ?

Je serais dans l’agriculture, j’aime bien créer, le goût, manger, je dois être lié à ça. Mon action est là, ma passion aussi. Je ne peux pas m’éloigner de la terre.

Qu’est-ce que vous faites pendant vos jours de repos ?

La découverte à travers les paysages, le cinéma, sortir du quotidien mais garder l’échange comme dans le vin.

Quel(s) vins sont ouverts dans votre cuisine en ce moment ?

Un Muntada 2001 du Domaine Gauby en Côtes Du Roussillon Villages.

Pour clore cet article, voici nos notes de dégustation des Vignes Oubliées sur le millésime 2009.

Les Vignes Oubliées 2009
AOC Coteaux du Languedoc – Terrasses du Larzac
60% Grenache – 18% Carignan – 18% Syrah – 4% Cinsault

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Robe rouge foncée, brillante.
Le premier nez est empreint d’une grande finesse révélant de légères notes poivrées et d’herbes aromatiques. L’aération ne fait qu’amplifier ce côté épicé, très délicat.
En bouche, l’attaque est sur le fruit, la cerise en particulier, les tanins sont très bien intégrés et l’acidité participe à la belle longueur que nous offre cette cuvée. La finale est sur le côté épicé que l’on avait au nez, particulièrement poivrée. Un beau vin très délicat aux accents languedociens.
A marier sur une entrecôte, un filet de chevreuil ou du fromage.

Si vous voulez mettre des images sur ces mots, sur ces vignes, sur cette cuvée, je vous invite à aller voir La Clef des Terroirs, un film documentaire réalisé par Guillaume Bodin sur les vins biodynamie. Olivier Jullien et Jean-Baptiste Granier y font une apparition. Midi-Vin réalisera un article prochainement avec une interview du réalisateur avant la diffusion du film à Montpellier.
Suivez le lien pour retrouver les projections à venir du documentaire « La Clef des Terroirs »

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