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Domaine Clavel en dégustation

A la fin du mois de mai, Pierre Clavel du domaine Clavel est passé chez

notre partenaire caviste pour présenter ses nouveaux millésimes. Une journée complète à faire découvrir ou redécouvrir ses vins et ses terroirs.

Midi-Vin n’a pas manqué le rendez-vous et vous présente son compte-rendu.

Cascaille Blanc 2010
50% Roussanne – 50% Grenache Blanc et quelques grappes de Muscat
AOC Languedoc Terroir de la Méjanelle

Cascaille domaine clavel 2006 MED rencontre avec millesime 2010 millesime 2009 degustation   Domaine Clavel en dégustation

Cuvée Cascaille 2010 - Domaine Pierre Clavel

 

Ramassés tôt le matin, les raisins sont issus des différentes parcelles du domaine. L’assemblage entre les différents cépages se fait au pressurage des grappes. L’élevage après fermentation dure environ 7 mois en cuve.

La couleur est parfaite, jeune, à la robe jaune pâle, c’est une invitation à la dégustation.

Le premier nez est incontestablement sur la fleur blanche, suivi, après aération, par du fruit comme la pêche et l’abricot.

L’entrée en bouche est acidulée, très agréable en ces températures estivales. Le milieu de bouche laisse la Roussanne s’exprimer avec une structure très grasse mais maîtrisée par la fraîcheur du Grenache Blanc qui s’exprime sur la finale. Des notes d’abricot plus que de pêche en bouche, l’aubépine s’exprime sur les premières secondes lorsque le vin vient tapisser le palais pour la première fois. La finale nous amène au cœur des vignes ; on a cette sensation de minéralité, de cailloux calcaires, c’est très bon et très désaltérant. La persistance aromatique (lorsque l’on a craché ou avalé le vin) est plus marquée par le Grenache Blanc.

A marier à l’apéritif très frais, ou sur vos poissons au barbecue ou à la plancha, un vrai plaisir d’été !

Mescladis Rosé 2010
70% Syrah – 30% Grenache
AOC Coteaux du Languedoc Pic Saint Loup

Mescladis domaine clavel 2006 MED rencontre avec millesime 2010 millesime 2009 degustation   Domaine Clavel en dégustation

Cuvée Mescladis 2010 - Domaine Pierre Clavel

 

Une capsule à vis pour ce rosé, entendez par là je suis à boire très rapidement, ouvrez moi et appréciez-moi dans l’année qui suit ma mise en bouteille, je ne pourrai que vous charmer. Pierre Clavel l’a bien compris et son rosé est une bombe fruitée. Un vin qu’on aime et que l’on regrette déjà lorsqu’il s’agit de se resservir parce que la bouteille est vide. Vos convives autour de la table ont eu la même sensation que vous et n’ont pas hésité à se resservir …

Ce vin est issu des deux modes de vinification pour un rosé : une partie dite de saignée, l’autre dite de pressurage direct. Les deux jus sont assemblés avant fermentation.
L’élevage est de 6 mois en cuve béton avant de recevoir un léger collage suivi d ‘une filtration pour révéler tout son éclat et sa robe très brillante et limpide d’un beau rose saumon.

Le premier nez est très léger, partagé entre un côté vineux plutôt caractéristique des vins de saignée et un côté très fruité sur la fraise plus commun des rosés de pressurage direct. Voyons ce qui va ressortir en bouche.

L’entrée en bouche est sur le fruit rouge, la fraise, comme au nez, des notes acidulées de bonbons anglais, entendez par là que l’on ressent plus la technique d’un pressurage direct qu’une saignée. Le milieu de bouche est gouleyant, la finale est d’une belle matière sans doute apportée par la saignée. C’est un très beau rosé qui peut vous accompagner en toutes circonstances : barbecue, apéritif, plage, randonnée. Du moment que vous le servez bien frais, il sera votre allié.

Le Mas 2009

Grenache – Carignan – Syrah (minoritaire)
AOC Coteaux du Languedoc Grès de Montpellier

domaine clavel le mas 2006 rouge MED rencontre avec millesime 2010 millesime 2009 degustation   Domaine Clavel en dégustation

Cuvée Le Mas 2010 - Domaine Pierre Clavel

 

Comme le dit Pierre Clavel, cette cuvée est «la porte d’entrée du domaine» terme qu’il préfère à l’habituel «entrée de gamme». Après des vinifications à basses températures afin d’extraire un maximum de fruit, le vin est élevé en cuve pendant 9 mois.

La robe est d’un très beau grenat aux reflets violets.

Le premier nez est très riche : de la framboise (intense), du bourgeon de Cassis, l’approche est facile et appelle à y tremper les lèvres.
L’aération ne nous apporte rien de plus, la première olfaction suffisait.

L’entrée en bouche est fruitée. Tout est là, des tanins très faciles à apprivoiser, du fruit facile à déceler. Un vin qui va droit au but et qui fait du bien. Je parierais même que les palais qui n’entretiennent pas de relations amicales avec les vins pourraient commencer par celui-là sans passer par la case divorce une fois de plus !

A marier sur une cuisine légère, du poulet grillé aux épices accompagné d’aubergines grillées.

Les Garrigues 2008
52% Syrah – 26% Mourvèdre – 22% Grenache
Coteaux du Languedoc Grès de Montpellier

Domaine clavel garrigues 2004 MED rencontre avec millesime 2010 millesime 2009 degustation   Domaine Clavel en dégustation

Cuvée Les Garrigues 2008 - Domaine Pierre Clavel

 

La robe est un peu plus foncée que Le Mas mais plus brillante.

Le premier nez est sur la cerise griotte à l’alcool. L’aération permet aux épices de s’exprimer mais timidement : le poivre en particulier.

L’entrée en bouche est légère, l’extraction s’est faite en douceur pour cette cuvée. Le milieu de bouche révèle des fruits noirs (mûre). La finale est gouleyante sur des notes légèrement goudronnées marquant une maturité élevée. La persistance fait la part belle à la garrigue omniprésente autour des vignes du domaine.

Des viandes grillées accompagneront cette bouteille sans aucun souci.

Copa Santa 2009
77% Syrah – 17% Grenache – 6% Mourvèdre
AOC Coteaux du Languedoc La Méjanelle

Domaine clavel copa santa 2003 MED rencontre avec millesime 2010 millesime 2009 degustation   Domaine Clavel en dégustation

Cuvée Copa Santa 2009 - Domaine Pierre Clavel

 

Le vin n’avait que 3 semaines de mise en bouteille lors de la dégustation et déjà, il tenait ses promesses. La robe est noire, très intense.

Le premier nez est très épicé me rappelant des Syrah du Pic Saint Loup. L’aération libère du menthol qui en fait un nez très puissant sur un excellent millésime.

L’entrée en bouche est volumineuse, ce vin est très mentholé. Le milieu de bouche fait place à la réglisse et à cette structure d’une incroyable finesse ; les tanins sont présents mais jamais secs. La finale se positionne sur les notes d’élevage (18 mois en barriques et demi-muids de 1 à 4 vins) jamais trop marquées, c’est même bienvenu dans la mesure où cela apporte encore plus de longueur et de complexité dans cette cuvée d’une précision incroyable.

A boire avec du gibier ou des fromages affinés. A carafer 1 à 2 heures avant votre dégustation.

Beaucoup de plaisir dans cette dégustation : en effet, Pierre Clavel est un vigneron truculent qui aime vous faire partager son enthousiasme pour ses vins. Et çà chez Midi-Vin, çà nous enchante …

Domaine de La Marfée : plongez dans la biodynamie

A Murviel les Montpellier, un village encore un petit peu préservé de l’urbanisation galopante montpelliéraine, se trouve le chip cialis

fee-m-121-fr.html » target= »_blank »>domaine de La Marfée sur les terroirs de Saint-Georges d’Orques. Thierry Hasard, à la tête du domaine de la Marfée depuis 1997, nous a accueillis pour nous parler de ses vignes, de ses vins et de biodynamie.

Si vous vous posez des questions sur ce qu’est réellement la biodynamie, vous pouvez toujours suivre une petite séance de rattrapage en lisant un article précédent intitulé : La biodynamie c’est quoi ?

Thierry Hasard a repris les vignes d’un coopérateur qui partait à la retraite. Son domaine compte de nombreuses petites parcelles qu’il prend soin de vinifier séparément. Sa cave a récemment été construite dans ce sens. C’est en 2003, suite à un stage d’initiation animé par Pierre Masson qu’il tourne son domaine vers la biodynamie, le reste, c’est Thierry Hasard qui vous le raconte …

J’ai vinifié pendant 10 ans au château de Fourques, j’étais dans une ambiance complètement différente d’ici mais qui m’a permis de faire mes premières armes. J’étais un peu serré, à l’étroit, je n’étais pas chez moi. Il m’a donc fallu 10 ans pour m’installer, me sentir chez moi et construire ma cave.

Je ne suis pas originaire de la région, mais je vis à Montpellier depuis 40 ans. Je viens des Ardennes et le nom de la Marfée vient d’ailleurs de là-bas. En cherchant sur Internet vous trouverez le domaine, le bois de la Marfée ainsi qu’une bataille de La Marfée en 1641 entre les troupes du roi de France (Louis XIII) et les frondeurs protestants protégés par le prince de Sedan qui remettaient en cause le pouvoir du roi. L’origine de ce nom a donc un lien avec mes racines.

Comment êtes-vous arrivé à faire du vin ?

J’étais un passionné du vin, ma femme et moi passions énormément de temps à aller voir des vignerons, acheter des bouteilles, faire des dégustations, puis petit à petit l’idée est venue de passer de l’autre côté.

Vous avez eu un coup de cœur pour le Languedoc ?

C’est venu naturellement, j’étais installé dans la région depuis l’âge de 20 ans.

Comment on arrive-t-on à la biodynamie ?

Chacun sa voie, chacun son chemin. J’y suis arrivé par curiosité. Une chose est sure, j’ai toujours eu l’esprit bio, et j’entendais parler de biodynamie. Il y a une dizaine d’années de ça, on ne savait pas trop ce que c’était, on n’avait pas trop d’informations. J’ai cherché une formation et je suis tombé par hasard sur un stage organisé par des vignerons du Beaujolais à Villefranche-Sur Saône. Ces vignerons étaient sans doute comme moi, ils se demandaient ce qui se passait.
Durant ce stage, j’ai rencontré un formateur qui est connu comme un des papes de la biodynamie, c’est Pierre Masson. A la fin de la première journée j’étais très emballé, le discours me paraissait très logique, intelligent et enthousiasmant. Le soir même, je me suis dit que j’allais commander un dynamiseur, ce que j’ai fait.
J’ai préparé ma première bouse de cornes, il m’a semblé que les résultats étaient là, maintenant ça fait 8 ans.

Aujourd’hui je suis certifié Biodyvin. C’est une association de vignerons, avec un cahier des charges. J’aime bien ce label car il n’est pas radical contrairement à d’autres qui sont extrêmement orientés « Steihner » (le fondateur de la biodynamie) Je ne suis pas un théoricien ni un intellectuel, seul le résultat m’intéresse. Biodyvin ne va pas nous tomber dessus parce que une année, on a mis des levures sélectionnées dans une cuve où la fermentation s’était arrêtée. Ils savent ce que c’est, on ne va pas « mettre à la poubelle » une cuve parce que la fermentation ne redémarre pas.

Comment fonctionne un dynamiseur ?

On y met plusieurs préparations, de la bouse de corne et de la silice de corne. On mélange le tout à l’eau et pendant une heure, les deux batteurs vont mélanger et créer un vortex, un tourbillon dans l’eau. A intervalles réguliers les batteurs s’arrêtent net et repartent dans l’autre sens, ils créent ce qu’on appelle un « chaos ».

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Un dynamiseur

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La préparation en plein "chaos"

La bouse de corne ressemble à une sorte d’humus parfait. C’est une matière noble, très malléable, qui retient 90% de son poids en eau et qui sent bon. C’est exactement ce que l’on veut dans les vignes : c’est à dire un humus parfait. On le dynamise pendant une heure avant d’aller le distribuer à la vigne. Cela fonctionne un peu comme de l’homéopathie, c’est une information donnée à la microbiologie des sols en leur indiquant la marche à suivre pour travailler. On encourage le développement microbien du sol, l’enracinement en profondeur.

Une fois la préparation terminée, on met le tout dans un pulvérisateur à dos puis on parcourt la totalité des parcelles en pulvérisant cette préparation.

La biodynamie ne s’arrête pas seulement à ces pulvérisations, il y a un calendrier à respecter ?

En effet, on les effectue à deux périodes de l’année : à l’automne après les vendanges lorsque les sols vont pouvoir se reposer après une année de sollicitations pour faire pousser la vigne puis au printemps pendant le débourrement.

Nous avons le souci permanent de travailler dans les bons rythmes et cela n’inclut pas uniquement la lune. Nous veillons à ne pas faire n’importe quoi entre le matin et le soir. Il y a des moments où il faut savoir faire un labour plutôt le soir que le matin. En été, labourer ses vignes en plein mois de juillet entre midi et deux serait une abérration : on envoie du sec en profondeur. C’est ça la biodynamie, c’est un souci des rythmes, on est dans une démarche qui se soucie des moments où la plante réagit .
Faire un labour le soir en période chaude, permet de capter l’humidité ambiante du soir et de la conserver en la remettant en profondeur, alors que le matin ce même labour va créer une évaporation et sécher les sols.

Au niveau du travail du vin, les soutirages, la mise en bouteille, il y a des phases à respecter ?

En ce qui me concerne, je fais les soutirages à n’importe quel moment parce que, il faut être honnête, si les jours préconisés par le calendrier de la biodynamie ne sont pas les bons et que le vin a besoin d’être soutiré, je ne vais pas attendre 3 jours de plus.
En revanche, pour la mise en bouteilles qui est la dernière étape et sans doute la plus importante, je choisis mon jour.

Côté vinification, expliquez-nous les différentes étapes mises en œuvre :

Les raisins rouges comme les raisins blancs sont ramassés manuellement en cagettes.

Lors de la construction de la cave, on a creusé dans le rocher pour l’adosser à la colline, puis, à l’aide d’une rampe d’accès sur le côté, on a pu mettre en place un système de gravité.

On rentre les cagettes par le haut de la cave, puis les raisins sont déversés directement dans les cuves.

Les raisins rouges sont éraflés puis je les foule moi-même dans la cuve, très légèrement. J’attends ensuite que les fermentations démarrent naturellement, c’est à dire environ 3 jours.

Les raisins blancs sont ramassés tôt le matin puis envoyés directement au pressoir. Par la suite on pratique l’opération du débourbage du moût qui est refroidi (14°C) pour favoriser la sédimentation des particules les plus grosses au fond de la cuve. Après la séparation du moût clair et des bourbes, le moût est envoyé en barrique où là également, les fermentations démarrent naturellement.
Le chardonnay que je récolte le plus tôt est le plus long à démarrer sa fermentation. Longtemps, je le reconnais, j’ai levuré ce cépage uniquement car je m’angoissais du temps de latence qu’il y avait entre le moment où l’on avait mis le moût en barrique et le moment où la fermentation démarrait. Cette année, j’ai tenu bon, je n’ai pas levuré, j’ai attendu une semaine avant de voir enfin les premières bulles s’échapper, synonyme de fermentation. Certains œnologues pourraient penser que c’est catastrophique, mais les premiers résultats m’ont donné raison.

Après les fermentations, les vins rouges sont élevés 24 mois en barriques de plusieurs vins, j’ai très peu de bois neufs. Mes vins ne sont ni filtrés, ni collés.

Un autre article rendra compte de la dégustation des vins du domaine de la Marfée ainsi que deux vins du nouveau millésime dégustés sur barrique lors de notre passage au domaine.

Un moment d’échange et d’écoute, ces deux mots pourraient résumer notre visite et pourquoi pas la vôtre ? Thierry Hasard est passionnant, son message sur la biodynamie n’est pas extrémiste, il a répondu à nos questions avec attention et a pris le temps nécessaire pour une visite complète. Nous le remercions pour cette après-midi enrichissante que nous classons dans nos rencontres à faire et à refaire.