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Solidaire d’Edouard Fortin le Phénix du Cabardès

Solidaire d’Edouard Fortin le Phénix du Cabardès

Si vous suivez les actualités du monde du vin, vous avez du entendre parler de l’acte lâche dont ont été victimes le 14 novembre deux viticulteurs de l’Aude, Robert Curbières et Edouard Fortin.

Incendie Vigneron Aude 300x147 edito billet humeur   Solidaire dEdouard Fortin le Phénix du CabardèsL’incendie n’est pas le seul acte de malveillance qui a été réalisé ce soir là : dans un bâtiment attenant à la cave, toutes les cuves ont été ouvertes dont celles contenant le travail d’Edouard Fortin, jeune viticulteur en bio récemment installé dans le Cabardès.

Un premier événement en signe de solidarité a déjà eu lieu : une marche réunissant pas moins de 700 à 800 personnes le 23/11 à Ventenac-Cabardès pour montrer la solidarité du monde viticole notamment.

Incendie Vigneron Aude Marche Solidaire 300x149 edito billet humeur   Solidaire dEdouard Fortin le Phénix du CabardèsComme toujours dans ce type d’événement, il y a une émotion vive et immédiate. On ne comprend pas que des vues opposées (Robert Curbières est le représentant de la Confédération Paysanne dans l’Aude) puissent entraîner de tels actes dans un pays où il existe tant de voies pour exprimer son désaccord. Bien sur, la relation entre ces actes et l’engagement du vigneron n’est pas démontrée et cette lâcheté peut être le fait de voyous à la petite semaine pour un litige d’un autre ordre. Espérons seulement que cette affaire sera tout de même élucidée un jour et que des moyens suffisants pour l’instruction permettront de punir les auteurs de ces actes.

En attendant pour rester positifs, vous pouvez aller commander les cuvées solidaires pour permettre à Edouard Fortin d’envisager de redémarrer son activité. L’association Changer l’Aude en Vin présidée par Jean-Baptiste Sénat a collecté auprès de ses vignerons (dont Gilles Azam que nous connaissons bien à Midi-Vin) des jus pour permettre de constituer une cuvée Solidarité.

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Tout est expliqué sur la page ‘Comment Soutenir‘ de son site intitulé le Phénix du Cabardès.

 edito billet humeur   Solidaire dEdouard Fortin le Phénix du CabardèsNous suivrons bien évidemment l’évolution d’Edouard Fortin au travers de cette péripétie qui, nous espérons, lui permettra comme le phénix …

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Sur le fond du problème, nous sommes bien conscients qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans notre belle région viticole du Languedoc Roussillon. Cette année, on a déjà vu Katie Jones vigneronne dans les Pyrénées Orientales faire l’objet d’un acte de vandalisme similaire avec des mains malveillantes qui lui ont vidé les cuves de son blanc. Ces temps-ci il se déroule un procès du scandale Socodivin à Perpignan qui a causé de gros dégâts dans l’appellation Rivesaltes : on peut lire chez Jacques Berthomeau une vue embedded comme on dit dans le journalisme de guerre. Tout cela pour dire que les pratiques d’un autre âge (les fameux CAV ou CRAV dont l’excellent Antonin No Wine Is Innocent a exhumé de terre les revendications) ont de nouveau cours dans notre cher Languedoc Roussillon. Et cela n’est franchement pas très rassurant mais tellement dans l’air du temps actuel et son cortège d’idées nauséabondes …

PS : Et pour Robert Curbières ? Pas d’action de solidarité ? Voici quelques liens sur le Net qui ont déjà appelé à la solidarité :

Les deux photos sont extraites du site Midi-Libre sur deux articles relatant les faits. Elles sont l’oeuvre de Nathalie Amen-Vals et Benjamin Seyer.

Billet pour les critiques et chroniqueurs vins d’outre atlantique

Billet pour les critiques et chroniqueurs vins d’outre atlantique

Celui-là, je ne pouvais pas le laisser passer …

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Patrick Désy (en photo ci-dessus), chroniqueur vin québécois sur le site Canoe (portail généraliste québécois) a intitulé sa dernière publication :  Les vins du Languedoc-Roussillon s’essoufflent

Il nous indique dans son article bien connaître les vins du Languedoc Roussillon (il y a fait ses premières visites en 1997 et vous pouvez consulter ses chroniques dans lesquelles on retrouve quelques dégustations de vins du Languedoc Roussillon). Loin de moi l’idée de mettre en cause ses compétences et ses connaissances qui sont sans aucun doute bien supérieures aux miennes.

Mais balancer des phrases telles que celle-ci ci-dessous me fait « un peu » voir rouge. …

Sans dire que le Languedoc a irrémédiablement besoin de gens comme Paul Mas, la région n’a pas d’autre choix que de se redéfinir si elle veut survivre.

Étonnants propos de sa part où il disait dans un article sur la différence entre journalistes, sommeliers et chroniqueurs :

Au final, assurez-vous que le propos est indépendant et nuancé, en plus de s’appuyer sur un savoir et des expériences valides et vérifiables. La réunion de tels ingrédients est essentielle si l’on veut pousser le lecteur vers une compréhension et une réflexion éclairée.

Ma réflexion est éclairée (pas toujours brillante et je m’en excuse) mais certainement pas à la même source que Patrick Désy. Et puis franchement, dans sa chronique, il n’y a pas vraiment d’arguments qui justifient son titre assassin.

Sur le fond :

Sans dire que le Languedoc a irrémédiablement besoin de gens comme Paul Mas

Il cite Gérard Bertrand et Jean-Claude Mas comme des exemples à suivre pour notre viticulture : on croirait entendre nos élus locaux (ils ont un droit tous les deux à une belle promotion dans le magazine du Conseil de l’Hérault cet été par exemple) qui ne perdent jamais une occasion de mettre en avant la réussite économique (critère éminemment important) de ces deux personnes incontournables dans le paysage viticole languedocien. Je n’ai aucun doute sur la qualité de leurs productions (j’ai dégusté quelques uns de leurs vins) d’un point de vue oenologique. Ils sont fort bien conseillés et leurs équipes ont toutes les compétences requises.

Mais je n’ai aucune envie que le Languedoc Roussillon devienne uniquement le royaume des domaines, façon winery de nos cousins d’outre-Atlantique avec force oenologue et service marketing. Leur volonté d’appliquer des recettes industrielles (communiquer sur la marque Paul Mas et Gérard Bertrand comme le font Mouton-Cadet ou Tariquet même si ce ne sont pas les mêmes segments qui sont ciblés) ne me sied guère. J’y préfère largement les domaines qui réalisent des vins qui d’une année sur l’autre, retracent les événements climatiques ou personnels qui font la vie d’un vin. Au risque d’être déçu, je préfère largement des vins d’émotion qui vous font parfois toucher de manière fugace, le sublime, sentiment éminemment personnel et subjectif.

la région (Languedoc Roussillon sous entendu) n’a pas d’autre choix que de se redéfinir si elle veut survivre.

Comment peut on asséner des phrases assassines de ce genre à ces lecteurs tout en indiquant avoir des propos indépendants et nuancés ? Tout le monde est d’accord pour dire qu’il reste des choses à faire (ménage dans les appellations, clarification avec la notion de cru, encourager les caves coopératives à se transformer, définir les 2 ou 3 différentes viticulture envisagées et les positionner correctement) pour que tout aille mieux dans le meilleur des mondes mais ce chroniqueur semble oublier un peu rapidement le chemin parcouru ces 30 dernières années par la viticulture languedocienne et les perspectives qui me laissent penser (tout chauvinisme mis à part) que le Languedoc Roussillon sera certainement un des plus grands vignobles des années à venir. Le Languedoc Roussillon est le premier vignoble (en surface et en nombre d’exploitations) certifié en agriculture biologique, les conditions climatiques y sont favorables pour une installation durable de pratiques culturales qui bannissent les produits phyto sanitaires, le prix à l’hectare (variant de 10 k€ à 40 k€ selon l’AOP) permet à pleins de néo-vignerons de venir s’installer dans notre région apportant une vision nouvelle, n’opposant plus réussite économique et bonnes pratiques, la diversité de nos terroirs (je ne peux que lui conseiller la lecture de l’excellent livre de Jean-Claude Bousquet : Terroirs viticoles : Paysages et géologie en Languedoc), des vignerons emblématiques (Gérard Gauby, Olivier Jullien, …) qui distillent leur savoir-faire auprès de la jeune génération (Gérald Stanley du domaine Le Soula, Géraldine Laval du Clos Maia, Mathieu Torquebiau du domaine Lhermas, …). J’en ai un peu marre de ces jugements péremptoires et destructeurs de soi-disant prescripteur.

En espérant n’avoir pas utilisé dans ce billet le ton du donneur de leçons …

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Diplôme du donneur de leçons

PS : pour éviter toute remarque désagréable et sournoise, j’ai commercialisé cet été dans le cadre de la campagne IGP Pays d’Oc deux vins de Gérard Bertrand et deux vins du domaine Paul Mas. Je n’avais pas mon mot à dire sur cette sélection, l’objectif étant de permettre à IGP Pays d’Oc de mesurer la transformation (en espèce sonnante et trébuchante) de sa campagne dans Cuisine et Vins de France. Je pensais y trouver mon avantage en faisant connaitre Midi-Vin à des personnes, lecteurs du magazine, peut être peu habituées à acheter leur vin en ligne. L’opération vient de se terminer au bout de 3 mois.