Millésime Bio 2012 : Le debrief

Cette semaine avait lieu le désormais incontournable salon Millésime Bio édition 2012 au Parc des Expositions de Montpellier.

Ce salon est le plus grand salon mondial des vins bio ou plus exactement des vins issus de l’agriculture biologique.

L’occasion pour l’équipe Midi-Vin de voir bon nombre de vignerons, déguster leurs nouveaux millésimes ou nouvelles cuvées de vins bios, parler de l’actualité mais aussi de faire de nouvelles rencontres.
Au pas de course ou détendu, nous avons parcouru les allées animées du salon Millésime Bio. Bruits de bouchons qui sautent, de verres qui cassent, calme du matin, brouhaha de l’après-midi et fatigue du soir, voici nos découvertes ou redécouvertes.

Un bilan en hausse

Ce n’est plus une surprise. Une fois encore, pour sa 19ème édition,  le salon a battu des records d’affluence. 3600 visiteurs du monde entier sont venus à la rencontre des exposants de 13 nationalités différentes. Une hausse de la fréquentation d’environ 12% qui confirme l’engouement pour ce salon international de la viticulture biologique.

Des cavistes, des importateurs, des négociants, des restaurateurs, tout le petit monde du vin était présent pour ce salon à taille humaine avant de se donner rendez-vous pour Vinisud, l’autre salon international de la viticulture présent tous les 2 ans à Montpellier, bien plus vaste et à l’ambiance différente.

Aujourd’hui, la viticulture biologique représente en France 50 268 hectares plantés contre 39 000 en 2009 soit 6% du vignoble français. Le Languedoc Roussillon a conservé son rang de leader en 2010, tant en surface (cumul surfaces bio et certifiées : 16 462 ha, soit +30%) qu’en nombre d’exploitations (1029 caves soit +29%), ce qui n’est pas pour nous déplaire chez Midi-Vin. La France reste toutefois en 3ème position derrière l’Espagne et l’Italie au niveau des surfaces viticoles certifiées en Agriculture Biologique.

Des découvertes

Nous avions 3 jours pour saluer et déguster les nombreuses cuvées de nos vignerons déjà présents sur la carte de Midi-Vin mais aussi pour partir à la recherche de nouveaux vins qui seraient susceptibles de figurer aux côtés de ceux que vous connaissez déjà.

Un travail de fourmi (les cartes de bons restaurants sont d’excellents indicateurs) ou le bouche à oreille sont souvent à l’origine de belles rencontres.

Clos du Gravillas

Nicole et John Bojanowski produisent une gamme complète de vins blancs, rouges et doux, qui nous a interpellés.

Clos Gr 300x200 actualite  Millésime Bio 2012 : Le debrief
Clos du Gravillas team

Un 100% Terret Bouret côté blanc, c’est assez rare pour le souligner : « Emmenez-moi au bout du Terret »  le nom de la cuvée annonçait la couleur pour ce millésime 2010. Au final, un nez très net sans artifices et un vin qui laisse une sensation de découverte. Le Terret n’est pas le plus représentatif des vins blanc en Languedoc.

A noter aussi, l’excellent « Sous les cailloux des Grillots ». Ce vin rouge issu d’un assemblage de 7 cépages est là encore très profond dans ses arômes. Un vin très bien équilibré à l’acidité soutenue et à la finale marquée par le Carignan.

Clos Maïa

Géraldine Laval a fait ses classes chez Jean Louis Chave en Hermitage mais plus particulièrement au Domaine du Pas de l’Escalette et chez Olivier Julien en Languedoc-Roussillon. Aujourd’hui, c’est avec son compagnon Olivier Jeantet du Mas Haut-Buis qu’elle poursuit son aventure sur son domaine de 4 hectares, Le Clos Maïa.

Clos Maia 300x225 actualite  Millésime Bio 2012 : Le debrief
Géraldine Laval sur son chenillard

Un autre vin blanc avec du Terret et de la Roussanne a confirmé ce qu’on attendait de ce jeune domaine créé en 2009. Le blanc 2010 du Clos Maïa., retenu pour son élevage maîtrisé de A à Z.
Du fruit au nez, bien expressif, une pointe de fleur et la bouche, ample et mentholée qui laisse le cépage et l’élevage s’exprimer tour à tour. Un délice !
Nous retiendrons aussi le Clos Maïa 2009 en rouge. Un 100% Grenache qui se permet d’entrer dans le classement de La Revue des Vins de France à la 13ème place sur 60 Grenaches sélectionnés à travers le monde. Un nez opulent, très complexe que l’on a envie d’humer pendant de longues minutes pour en capter le maximum. Une bouche chocolatée et pleine. Aucune fausse note dans l’extraction qui se veut très douce et qui délivre ici un vin exemplaire.

Mas des Chimères

Le Mas des Chimères n’était pas un inconnu pour Midi-Vin. En effet, le mas s’est déjà taillé une belle réputation sur la région de Montpellier et le terroir d’Octon est un terroir particulier : terre rouge et basalte. Installé depuis de nombreuses années en cave particulière (1993), en bordure du lac du Salagou, Guilhem Dardé du Mas des Chimères produit des vins en IGP Coteaux du Salagou (terre rouge si caractéristique du Salagou), des AOP Languedoc et Terrasses du Larzac (basalte). Son vin blanc Mas des Chimères 2011 est au top. Des senteurs d’anis et de réglisse. Une bouche droite, sans lourdeur pour un assemblage de 6 cépages réussi. Une finale de pierre à fusil entremêlée de notes florales qui nous rappelle que notre verre est déjà vide !

Chimères 300x200 actualite  Millésime Bio 2012 : Le debrief
Guilhem Dardé

Pour les rouges, que du bon. L’Oeillade, un 100% Cinsault comme on les aime. De la fraîcheur et du fruit immédiat. Un nez de fruits rouges et d’épices pour une bouche à la structure légère et équilibrée. Un vin à boire dans les 2 à 4 ans entre copains, là aussi le verre était vide.
Parmi les vins rouges du mas, Nuit Grave en Terrasses du Larzac 2011. Un échantillon tiré des cuves et déjà un vin expressif. De la violette, du cassis au nez, une bouche structurée, qui se dégustera dès à présent ou dans plusieurs années, des tannins extraits avec précision. Nous finissons la dégustation ravis !

Tous ces domaines vont être à la vente sur Midi-Vin dans les jours à venir. Pour être informé, pensez à consulter régulièrement la rubrique Nouveautés du site ou inscrivez vous à la newsletter Midi-Vin.

Des certitudes

Alain Chabanon

Alain Chabanon nous a rappelé ô combien sa gamme de vin jouait dans la cour des grands. Blancs comme rouges, les nouveaux millésime que nous avons dégustés nous ont impressionnés !
A paraître, une nouvelle cuvée, Saut de Côte 2008. Cette cuvée 100% Mourvèdre a bénéficié de 3 ans d’élevage en cuve béton ovoïde du fabricant Nomblo. Vendue à l’origine comme une cuve pour l’élevage des vins blancs, Alain Chabanon a voulu s’essayer au rouge. Une réussite pour ce cépage difficile à dompter en 100%. A l’arrivée, un équilibre entre la cerise et le poivre noir, les tannins et l’acidité. Une finale un peu sauvage comme certains Carignan.
Nous reviendrons sur cette dégustation dans un prochain article avec les commentaires complets des différentes cuvées.

Les Eminades

Domaine Les Eminades, nous avait déjà surpris l’année dernière avec sa cuvée Silice, un 100% Sauvignon, revisité made in Saint-Chinian. Cette année, en plus du Sauvignon, les rouges ont aussi gagné en profondeur et complexité. Un « must have » à Saint-Chinian. On espère passer dire bonjour à Patricia et Luc Bettoni très prochainement du côté de Cébazan dans l’Hérault.

Les Eminades 200x300 actualite  Millésime Bio 2012 : Le debrief
Patricia Bettoni du Domaine Les Eminades

Roc d’Anglade

Un Vin de Pays du Gard maintenant, Roc d’Anglade à faire pâlir bon nombre de grands crus. Rémy Pédréno bichonne ce domaine situé sur le village de Langlade prés de Nîmes. Ses rouges sont d’une rare finesse et ils peuvent s’oublier en cave des années ou bien être longuement carafés pour succomber à la tentation le plus rapidement possible. Un vin blanc composé à 80% de Chenin et 20% de Chardonnay, complétement atypique sur le papier et en bouche. Un vin gras et acidulé sur le fruit à chair jaune. A l’aveugle, difficile de le situer : Languedoc, Côte du Rhône, Bourgogne ? Une finale sur le poivre blanc déroutante !

L’Ancienne Mercerie

Retour dans l’Hérault avec le domaine de l’Ancienne Mercerie en Faugères. François Caumette présentait ses cuvées dont Au Bonheur des Dames 2011. 60% de Grenache, 40% de Mourvèdre. Un vin gouleyant, d’abord marqué par le fruit rouge et la réglisse, puis évoluant sur l’abricot et le pruneau en finale. Une structure soutenue mais tellement équilibrée !
Les Petites Mains 2010 nous montrent  là, tout le potentiel de Faugères. Carignan, Syrah, Grenache et Mourvèdre pour cette cuvée qui joue la carte de la structure conçue pour durer.

Le Conte des Floris

dlcdf vigne actualite  Millésime Bio 2012 : Le debrief

Daniel Le Conte des Floris dans ses vignes

En ces temps de polémique et de guerre quasi-religieuse sur le vin nature, le vin bio et le vin conventionnel (vin bio ne veut pas dire forcément bon), voilà un vigneron virtuose, sachant manier le SO2 (et ses dérivés) intelligemment pour notre plus grand plaisir. Nous commercialisons déjà certains de ses vins rouges mais que dire de ses blancs : un énorme coup de coeur voire coup de boule tellement la surprise a été grande. Ce sont des vins un peu élitistes (j’espère ne pas dire un gros mot) mais les amateurs (et autres chercheurs de pépites) peuvent s’en donner à coeur joie dans la gamme des vins de Daniel Le Conte des Floris.

En résumé

Vous retrouverez au fil des prochains jours et semaines, les compte-rendus de dégustation des nouveaux millésimes de nos vignerons.

D’une manière générale, 2009, 2010 et 2011 sont des millésimes qui vont faire de grands vins en Languedoc-Roussillon. Les élevages des cuvées les plus concentrées se terminent pour 2010 et c’est un réel plaisir que de les déguster.

De nombreux vignerons avaient joué le jeu en apportant avec eux des échantillons du millésime 2011. Certains rosés et blancs étaient déjà mis en bouteille et leur netteté nous ont surpris. Les rouges 2011 seront très équilibrés, le millésime peut remercier le mois de septembre qui a rattrapé in-extremis le déficit en températures enregistré au mois de juillet. Au final, tout le monde est confiant.

Crachoir2 300x200 actualite  Millésime Bio 2012 : Le debrief
On a craché le « glou glou »

Certaines images ont été chipées sur les sites web des vignerons.

Midi-Vin fait sa tournée dans les Corbières

Le réapprovisionnement est un excellent prétexte pour aller rencontrer à nouveau les vignerons avec lesquels Midi-Vin travaille depuis longtemps. L’appellation Corbières est représentée par 3 domaines

La météo ne se prêtait pas trop à la dégustation (un ciel bas de plafond où les reliefs disparaissent dans des nuées de coton et une température oscillant entre 4 et 8°C) mais il faut parfois faire contre fortune bon coeur.

Première étape : le domaine des 2 ânes

img10 coup de coeur  Midi Vin fait sa tournée dans les Corbières

Le domaine des 2 ânes en Corbières maritime

La tournée a commencé par le Domaine des 2 ânes, domaine certifié bio depuis 2005 et récemment certifié en biodynamie par Demeter. Installé dans la partie maritime des Corbières, les vignes sont installées dans un écrin surplombant les étangs de Bages. Ce terroir bénéficie de conditions magnifiques : proximité de la mer permettant des entrées maritimes chargées de pluie et d’humidité, un vent sec du nord ouest froid en hiver et chaud en été permettant un assèchement rapide des plants de vignes (le cers est son nom), un terroir profond évitant un stress hydrique trop important. Ces vignes sont dans un environnement préservé où la garrigue enserre ces dernières comme un joyau dans un écrin.

J’ai dégusté en compagnie de Magali Terrier les millésimes commercialisés du domaine des 2 ânes :

  • la cuvée Fontanilles millésime 2009 à dominante de Carignan présentant un fruité remarquable et une excellente buvabilité
  • la cuvée L’enclos millésime 2008 à dominante de Grenache avec une suavité et un friand tout aussi exemplaire
  • la cuvée Cabrioles millésime 2008 (il nous reste quelques bouteilles du millésime 2006) à dominante de Mourvèdre, vin puissant mais subtil qui pourra voyager dans le temps sans surprise

Tous ces vins, bien que composés des cépages languedociens (Grenache, Carignan) , rhodanien (Syrah) ou provençal (Mourvèdre) à différents pourcentages, ont une trame équilibrée, gourmande et une belle typicité reflétant parfaitement leur terroir d’origine. La gamme est homogène, le boisé (sur les deux cuvées L’Enclos et Cabrioles) très fondu n’apportant aucun excès tannique ou d’arôme toasté qui pourrait les dénaturer, sans aucune lourdeur alcoolique si souvent reproché autrefois aux vins de l’appellation Corbières. Les vins du domaine des 2 ânes ne demandent qu’à accompagner merveilleusement un repas de fête basé sur des viandes rôties (boeuf ou canard), une épaule d’agneau grillée (choix de Magali pour la cuvée L’Enclos).

Deuxième étape : le domaine Gléon-Montanié ou Château Gléon

640px Durban corbières Chateau AL 36 coup de coeur  Midi Vin fait sa tournée dans les Corbières

Chateau de Durban dans les Corbières

Le domaine est situé à l’entrée de la vallée du Paradis : un bien joli nom évocateur. Ce site est vraiment remarquable. Nous sommes à peine à quelques kilomètres de Peyriac de Mer et pourtant l’environnement apparaît totalement différent. Nous faisons face au massif des Corbières. Les vignes du domaine sont étagés entre la plaine et les coteaux qui montent jusqu’à 350 – 400 mètres d’altitude. Le domaine Gléon-Montanié est situé au début de la zone géographique des châteaux cathares, sentier cathare (de Port-La-Nouvelle dans l’Aude à Foix dans l’Ariège) qui peut vous amener depuis le bord de mer, par le château de Durban en Corbières jusqu’aux célèbres puig (mot catalan que l’on doit prononcer pioch en français), ces monticules perchés où se trouvent Peyrepertuse et Quéribus, monuments impressionnants de majesté et chargés d’histoire, jusqu’à Foix et son château célèbre pour avoir subi les assauts de Simon de Montfort connu pour être le bourreau des cathares et Gaston Fébus, puissant comte de Foix et figure languedocienne .

La discussion avec Philippe Montanié a été très intéressante à plusieurs poins de vue. En effet, le domaine a changé totalement depuis notre dernier passage. Refonte complète des vins, de leur dénomination, de leur étiquetage. Le domaine a connu un problème dans son réseau de commercialisation et leurs vins se sont retrouvés en grande distribution sans leur accord. Cette mésaventure a poussé la famille Montanié à prendre le problème à bras le corps et à revoir totalement leur communication ainsi que la vinification et l’élevage. Maintenant on ne parlera que des vins du Château Gléon pour les vins en appellation Corbières, les IGP restant en dénomination des vins de la Vallée du Paradis et en mettant en avant le cépage. Ainsi, le blanc dénommé autrefois Les Reflets du Paradis devient La Malvoisie de Gléon. Le changement dans la vinification et l’élevage permettent aux vins du domaine d’élever leur niveau qualitatif en abandonnant le côté austère et rustique de feu Gléon-Montanié. Les conditions de dégustation au caveau (le caveau a été ouvert spécialement pour moi : les visiteurs ne sont pas nombreux ces  temps-ci) ne me permettent pas d’en faire un compte-rendu précis. Je ferai un article dédié à cette dégustation avec des vins à température (les rouges étaient plus que frais) et un dégustateur en meilleur état (j’aime pas les pluies froides).

Troisième étape : le domaine de Roque Sestière

roque sestiere roland coup de coeur  Midi Vin fait sa tournée dans les Corbières

Roland Lagarde du domaine de Roque Sestière

Roland Lagarde m’attendait chez lui à la maison, dans le petit village de Luc sur Orbieu près de Lézignan Corbières. Sa maison jouxte le caveau et la cave. Roland m’a fait faire le tour du propriétaire me permettant d’apprécier un outil de travail parfait : pressoir pneumatique, 2 cuves béton avec groupe de froid intégré, cuves inox, tout celà dans un bâtiment qui a conservé son ancienne structure et un toit refait à neuf . Roland m’a annoncé qu’il cherchait à vendre son domaine depuis un petit moment. Si vous êtes intéressé, n’hésitez pas à prendre contact avec lui. Ce domaine est une référence pour ces blancs dans l’appellation. Et le domaine exporte presque 30% de sa production.

J’ai décidé de commercialiser un troisième vin blanc du domaine de Roque Sestière, la cuvée Gouttes d’Or. Cette cuvée, très équilibrée entre la Roussanne et le Grenache blanc, est un délice. Et certainement, un vin qui évoluera de fort belle manière si vous savez vous montrer patient. Roland est quelqu’un d’affable et généreux, qui vous fait partager sa passion et son amour pour ses vignes. Je le remercie pour cet accueil fort sympathique.

Comme toujours, de belles rencontres avec les vignerons dans leurs domaines respectifs sur cette appellation Corbières dont l’image est en train de changer dans le monde du vin sous l’impulsion d’un syndicat les plus dynamiques en Languedoc Roussillon. J’ai été aussi très impressionné par les hectares de vigne arrachées, champs défrichés laissés à l’abandon, présageant d’une évolution du paysage dans cette terre si particulière mais très attachante des Corbières.

PS : la photo du château de Durban en Corbières est l’oeuvre d’Arno Lagrange et utilisé sous licence Creative Commons.

Domaine Les Grandes Costes en dégustation

Jean-Christophe Granier était présent au premier salon du magazine Terre des Vins début décembre 2011 à Narbonne. L’occasion pour nous de déguster les cuvées du domaine des Grandes Costes, cuvées toutes plus gourmandes les unes que les autres.

vigneron degustation  Domaine Les Grandes Costes en dégustation

Le vignoble du domaine des Grandes Costes s’étend sur 10 hectares et compte 11 parcelles. Les vignes s’épanouissent sur le terroir de Vacquières (8 hectares) et Corconne (2 hectares) sur un terroir faisant partie de l’appellation Pic Saint Loup. Grenache, Syrah, Cinsault et Carignan composent les cuvées du domaine.

vacquieres degustation  Domaine Les Grandes Costes en dégustation

Côté vinification, les cuves (vinifiés cépage par cépage) sont maintenus au froid à 10°Celsius entre 2 et 3 jours avant que la fermentation ne démarre  « afin d’extraire le maximum de fruit et des tannins d’excellente qualité ».

La Syrah et la Carignan sont vinifiés par la méthode de la macération carbonique. Les raisins sont envoyés dans une cuve saturée en gaz carbonique. Un soin particulier aura été apporté à l’encuvage des bais car ces dernières doivent rester entières pour favoriser ce que l’on appelle la fermentation intra cellulaire. Les sucres sont transformés à l’intérieur même de la baie. Les températures de cuvaison remontent progressivement jusqu’ à ce que le raisin soit décuvé et pressé. Le jus obtenus fini sa fermentation en phase dite « liquide », car les pellicules et les pépins du raisin ont été séparés après le pressurage.

Ce procédé produit des vins très gouleyants aux arômes de fruits rouges très marqués aux tannins légers.

Les autres cépages sont vinifiés par la méthode dite « traditionnelle », remontages, délestage et pigeages sont effectués pour extraire les composés du raisin.

Lors de l’assemblage des différentes cuvées, Jean Christophe Granier peut jouer entre les vins issus de macération carbonique et ceux issus d’une vinification traditionnelle pour chercher le parfait équilibre entre la structure, la rondeur, le fruit et l’expression du terroir.

Musardises 2010
Coteaux du Languedoc
Cinsault complété avec Syrah / Grenache

domaine les grandes costes musardises 2006 rouge MED degustation  Domaine Les Grandes Costes en dégustation

Le premier nez est très abordable et nous offre de jolies senteurs de réglisse se mêlant à la famille des fruits rouges en trame de fond.

L’entrée en bouche est très gourmande, ce Cinsault est désaltérant. La dominance du fruit rouge et de la fraise particulièrement, est évidente. En milieu de bouche ce sont les épices avec de la réglisse et une pointe de poivre blanc qui font surface pour laisser place à une finale ronde et gourmande. La structure générale est légère et fait de ce vin, un vin à boire jeune sur le fruit.

La Sarabande 2008
Coteaux du Languedoc
Syrah / Grenache / Cinsault / Carignan à parts égales

domaine les grandes costes la sarabande 2005 rouge MED degustation  Domaine Les Grandes Costes en dégustation

Cette cuvée bénéficie d’un élevage de 24 mois en cuve.

Le premier nez est très marqué par le fruit rouge, encore plus que Les Musardises. La mûre mais aussi le Cassis prédominent.

L’entrée en bouche est un peu fermée, un passage d’une demi-heure en carafe lui sera bénéfique. Le milieu de bouche est relevé par une pointe d’acidité qui permet à la framboise de se démarquer.
La finale se place sur un côté sauvage, sans doute le Carignan qui s’exprime plus que les autres cépages.

Les Grandes Costes 2009
Pic Saint-Loup
Syrah 70% – Grenache 30%

Domaine les grandes costes 2004 MED degustation  Domaine Les Grandes Costes en dégustation

C’est la cuvée prestige du domaine.  Elle reçoit un élevage de 18 mois.

Le premier nez est marqué par des senteurs de garrigue et de poivre noir. L’aération libère de la violette et de subtiles notes de fumée.

L’entrée en bouche est ronde sur la réglisse. Le tout est très complexe, le milieu de bouche est plus axé sur le fruit, on retrouve de la violette, du fruit noir. La finale est épicée, marquée par de beaux tanins denses et veloutés par l’élevage.

Nous vous conseillons de carafer le vin une heure avant de le déguster.

PS : les deux premières photos de l’article sont extraites du site Web du domaine.

Meilleurs voeux 2012

carte voeux an 2012 edito  Meilleurs voeux 2012Meilleurs voeux du spécialiste des vins du Languedoc Roussillon Midi-Vin

La brillance et l’éclat d’une super nova pour commencer 2012 …

Une bonne santé avant toute chose, des découvertes, des moments de partage et de joie autour d’un verre et d’une belle bouteille, des salons festifs et des dégustations pleines de plaisir : voilà tout ce que l »équipe de Midi-Vin vous souhaite à l’aube de cette nouvelle année qui s’annonce riche en évènement.

L’année 2012 démarre en fanfare par des évènements importants :

  • Le salon Millésime Bio le plus grand salon des vins biologiques, qui aura lieu du 23 au 25 janvier à Montpellier au Parc des Expositions
  • Vinisud le grand salon des vins de la Méditerranée qui aura lieu du 20 au 22 février à Montpellier au Parc des Expositions
  • Et il y a toujours plein d’évènements off pendant ces grands salons auxquels Midi-Vin est invité

Le début d’année est toujours l’heure des bilans et vous n’échapperez pas à une petite séquence d’auto-promotion :

  • CA 2011 en progression de +145%
  • Taux de fidélisation de 23%
  • Visites en progression de +40%
  • Taux de conversion en progression de +73%

Les efforts financiers et humains n’ont pas été vains en 2011 et celà nous permet d’envisager avec optimisme 2012.

Un grand merci à tous nos clients (sans vous et votre soutien, nous n’existerions plus), amis (de Facebook, de Twitter ou de la vraie vie -> ils se reconnaitront) et partenaires (n’hésitez pas à nous contacter) qui font que les vins du Languedoc Roussillon prennent un peu plus de place chaque année sur votre table et dans votre cave à vins.

Nous vous proposons en 2012 plus de découvertes (plusieurs domaines vont arriver sur Midi-Vin dans les semaines à venir suite aux derniers salons L’Epicuvin à Fabrègues et celui organisé par Terre des Vins à Narbonne) et de services (ouverture à l’export, week-end frais de port gratuit, opération 6 bouteilles pour le prix de 5 …). En essayant de nous améliorer constamment même si parfois les transporteurs (DB-Schenker notamment) nous torpillent nos efforts.

Et peut-être que Midi-Vin verra arriver un petit frère électronique en 2012.

Belle et heureuse année 2012 à toutes et tous.

Un regard sur le millésime 2011 au Domaine d’Aupilhac

De passage au domaine d’Aupilhac par un temps radieux, Sylvain Fadat nous a fait part de son point de vue sur le millésime 2011. Bien entendu il fallait joindre l’acte à la parole, c’est ainsi que nous  avons dégusté de nombreuses cuves de blanc, de rosé et de rouge.

AupilhacLogo degustation  Un regard sur le millésime 2011 au Domaine d’Aupilhac

Un moment toujours agréable. Midi-Vin remercie Sylvain de nous avoir consacré une après-midi à siroter ses vins fraichement finalisés.

Le millésime 2011 à Montpeyroux

Tout a commencé à la floraison. IL faisait très chaud et nous avons pris 3 semaines d’avance. Avance que nous avons pratiquement entièrement perdue suite au mois de juillet particulièrement froid et pluvieux. Au final nous avions une semaine en avance sur le calendrier normal. En règle générale, la pluviométrie a été bonne tout au long du cycle végétatif, des pluies régulières au printemps, et un peu aux mois de juillet et août.

A partir du 10 août il a commencé à faire chaud, la chaleur que l’on attendait. Comme il y avait eu de l’eau, que tout était prêt pour que ça avance, la photosynthèse a tout accéléré du fait du nombre de feuilles présentes sur les souches. Tout a donc mûri rapidement et le mot d’ordre est très vite devenu « être attentif à la maturité ! »

On a fait un contrôle maturité le 16 août, on prenait un demi degré chaque 2/3 jours. Comme je ne voulais pas ramasser de raisins blancs sur-mûris, on a décidé de commencer à vendanger le 18 août. C’est la première fois que l’on vendangeait avant que dans le « Midi-Libre » une machine à vendanger soit publiée en première page pour annoncer le début de la récolte !

Les blancs faisaient un petit 13 degrés et l’acidité n’a pas été grillée, on a pu la préserver.

Quelques jours après on a ramassé le terroir des Cocalières.  On voulait ramasser en 2 fois comme d’habitude, avec un décalage d’environ 10 jours. Ce décalage a tendance à diminuer chaque année. On a vendangé la Roussanne et la Marsanne 3 jours après. On pensait attendre pour le grenache Blanc et le Vermentino et finalement on l’a vendangé à la suite parce que tout était mûr.

En général les raisins, en rouge comme en blanc, avaient des peaux plus fines. Il n’y avait rien à attendre de ces peaux pour les rouges au niveau de l’extraction pendant les vinifications. Comme la maturité a galopé fin août, le degré montait et on a essayé de ramasser à un certain moment où le degré et la maturité de la peau pouvaient correspondre. Mais ce n’était jamais parfait car la peau était restée un petit peu verte. Comme les peaux étaient fines, je n’avais rien à en tirer. On a donc choisi de jouer la carte du millésime à 100% sur les rouges, c’est-à-dire de ne pas chercher des sur-maturités, trop d’extraction parce que le risque c’était d’extraire de la verdeur.

Les fermentations alcooliques se sont très bien déroulées ainsi que les fermentations malo-lactiques qui se sont enclenchées dans la foulée.

Les vins 2011 à la dégustation

L’assemblage du rosé est déjà fait. Concernant les blancs, il n’y a jamais eu d’assemblage à faire car les différents raisins sont pressés ensemble dans le pressoir. Seuls les terroirs sont vinifiés séparément.

L’assemblage de la cuvée Lou Mazet en rouge est finalisé aussi. Pour les autres cuvées, rien de fait, le vin a débuté son élevage en cuves, foudres et barriques.

Vin de pays Blanc 2011

Le nez est très floral, très ouvert. L’aération dégage des arômes fermentaires qui disparaitront d’ici peu de temps. La bouche est très bien structurée. Un poil plus d’acidité que 2010. La finale fait la part belle au Grenache Blanc.

Les Cocalières Blanc 2011

Cocalières Aupilhac1 300x205 degustation  Un regard sur le millésime 2011 au Domaine d’Aupilhac

Le Terroir des Cocalières

Le premier nez est opulent, très riche, marqué par la fleur blanche. L’aération laisse place aux notes d’élevage en demi-muit de 7 hectolitres.
L’entrée en bouche est dominée par les fruits jaunes, la finale s’exprime sur la poire et déjà une longueur qui fait rêver.

Rosé 2011

Les rosés ont été faits à 50% en pressurage direct et 50% de saignée sur les cuves de rouge. On a une majorité de Cinsault, suivie par du Grenache et du Mourvèdre. Une pointe de Syrah complète le tout.

Un rosé clair, bien plus que tous les millésimes précédents. Particularité : la fermentation malo-lactique a été faite. Un nez encore fermé, laissons-le se reposer. La bouche est ronde, c’est très agréable pour un rosé. On se projette déjà à l’été prochain à l’apéritif ou à table. Un vin droit sur une finale gourmande.

Lou Maset 2011

Premier nez très opulent, le vin est ouvert et prêt à boire. Le Grenache domine. Réglisse, garrigue. En bouche c’est le Cinsault qui ressort.

Grenache des Causses 2011

Les Causses 300x225 degustation  Un regard sur le millésime 2011 au Domaine d’Aupilhac

Grenache du Terroir Les Causse, en arrière plan, Les Cocalières

Tout sur la longueur ! Les tannins sont d’une finesse déroutante. L’épice envahit le verre. Un exemple de Grenache !

Carignan Aupilhac 2011

Très typique  au nez. Un peu plus sauvage que l’an dernier, acidité très bien placée, on n’est pas dessus ! Les tannins sont là aussi insolents de finesse ! Vivement la mise en bouteille.

Syrah Cocalières 2011

Les fruits rouges sont discrets au nez. Le vin est un peu fermé c’est normal. La bouche est empyreumatique, en pleine mutation. Laissons-le tranquille.

Mourvèdre Cocalières 2011

Quelle surprise de voir ce Mourvèdre plein de vivacité. Un nez ouvert sur les épices, on se croirait sur la parcelle.

Le Mourvèdre du terroir Aupilhac est, lui, fermé, plus typique de ce que l’on sait de ce cépage à cette époque de l’année. Soyons patient.

Cuvée Le Clos 2009
Syrah/Grenache/Mourvèdre/Carignan

Enfin cette cuvée est en bouteille pour notre plus grand bonheur.

Le premier nez est marqué par des notes chocolatées, de cerise au kirch.
L’entrée en bouche est pleine, il y a de la matière muselée par un élevage millimétré que l’on perçoit légèrement en milieu de bouche. La finale laisse place à un savant mélange de moka et d’épices. La syrah domine sur cette finale. Tout est équilibre et maîtrise, d’un assemblage superbe.

Il ne sera que plus grand encore dans les mois, les années à venir.